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Henri IV - le règne interrompu

Ecouter les morceaux de musique

À Paris sur petit pont

Pierre Guédron

Source musicale : ‘Un grand bal à la cour d’Henri IV’ ; Doulce Mémoire ; dir. Denis Raisin-Dadre ; K617 186 (2005).

Légende

Si Guédron fut, avec ses airs de cour, l’un des principaux artisans d’une musique profane de plus en plus raffinée, il n’en oublia les origines tout autant populaires du genre. Le texte gentiment paillard de cette pièce sans doute conçue à partir d’un timbre populaire et que Guédron mit en polyphonie en 1602, témoigne ainsi de toute la verdeur de l’époque. Dans son Journal, Jean Héroard, médecin du futur Louis XIII, rapporta avoir entendu le jeune dauphin chanter cette chanson à l’âge de 4 ans (24 septembre 1605)…

Compositeur

Pierre Guédron

v. 1565-1620

Le benjamin des trois grands compositeurs de la cour d’Henri IV est né à Châteaudun vers 1565 ou 1567. Contrairement à ses aînés Claude Le Jeune et Eustache Du Caurroy, Pierre Guédron ne s’illustra que dans le domaine de la musique profane, dont il devint rapidement un des principaux maîtres.

C’est en 1583 que son nom apparaît dans les archives pour la première fois : il est cité parmi les cinq chantres de la Chapelle de Louis II de Guise, cardinal de Lorraine, venus se produire au puy de musique d’Évreux en 1583, où il chanta « la haute-contre fort bien », bien qu’il fût « en mutation de sa voix », c’est-à-dire âgé d’environ 15 à 18 ans. La date de son arrivée à la Cour est inconnue. Peut-être rejoignit-il les chantres de la Musique du roi après la mort du cardinal de Lorraine, en 1588. Les comptes de la Cour ne mentionnent son nom qu’en 1599, comme Maître des enfants de la Musique de la Chambre. Il devint Compositeur de la Musique de la Chambre au plus tard en mars 1601, en remplacement de Claude Le Jeune, mort l’année précédente. Il allait obtenir la consécration sous le règne de Louis XIII, en obtenant en 1613 les charges de Surintendant de la Musique de la Chambre du roi et de Maître de la Musique de la reine mère Marie de Médicis, cédant sa charge de Maître des enfants à son gendre Antoine Boesset (1587-1643). Guédron se fit rapidement un nom en développant de manière décisive l’air de cour, genre musical profane à la mode dont il devint rapidement le maître incontesté. Après quelques pièces insérées discrètement dans des anthologies anonymes (1595, 1596 et 1597), Ballard publia en 1602 le premier recueil exclusivement consacré aux airs du musicien, marquant ainsi le début de sa notoriété. Guédron fournit également la musique les airs et récits vocaux des principaux ballets dansés à la cour de France entre 1598 et 1620, du Ballet des Étrangers au Ballet d’Alcine. Considéré comme le meilleur artisan de l’avènement de la monodie accompagnée en France, il mourut dans le courant de l’année 1620, vers le 9 juillet.

185 de ses airs de cour et de ballet nous sont parvenus, dans des versions à 4 ou 5 parties ou pour voix et luth, parues dans des recueils anthologiques ou monographiques à partir de 1595. La plus grande partie figure dans six recueils polyphoniques signés de l’auteur et publiés par Ballard, « imprimeur du roy pour la musique », entre 1602 et 1620.

Texte

A Paris sur petit pont,
Le pont du coil, le coil du pon :
On y fait bastir maison,
Le pon du coil le coil du pon :
O le joly petit pon,
Le pon du coil le coil du pont.

Les charpentiers qui la font,
Le pon du coil le coil du pont
Ilz m’ont demandé mon nom,
Le pon du coil le coil du pon.
O le joly…

Marguerite cest mon nom,
Le pon du coil le coil du pon.
Qu’à tu la en ton giron,
Le pon du coil le coil du pon.
O le joly…

Cest ung pasté de Pigeons,
Le pon du coil le coil du pon.
Assi-toy la & le mangeons,
Le pon du coil le coil du pon.
O le joly…

Elle s’assit de si grand son,
Le pon du coil le coil du pon.
Qu’elle à fait trembler le buisson,
Le pon du coil le coil du pon.
O le joly…

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