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Henri IV - le règne interrompu

Ses convictions religieuses

Difficile pour l’historien de cerner les convictions religieuses d’un homme car il ne peut sonder les âmes et les cœurs. C’est d’autant plus délicat pour Henri IV dont la vie se confond avec les bouleversements religieux que la France a connus dans la seconde moitié du XVIe siècle.

Henri a en effet changé six fois de religion. Baptisé catholique en 1554, il professe la religion de ses ancêtres jusqu’à l’âge de six ans. En 1560, sur décision de sa mère, il reçoit une formation calviniste. Celle-ci s’arrête à la demande de son père en mai 1562. Entre cette date et la mort de son père (décembre 1562), Henri est donc catholique. Il redevient ensuite calviniste pour une période de dix ans, jusqu’à son abjuration forcée au lendemain du massacre de la Saint Barthélemy. De 1572 à 1576 il va donc à la messe jusqu’à que son évasion de la cour lui permette de retourner à la cène. Entre 1576 et son abjuration définitive (1593), Henri est donc protestant. À partir de 1593 il adhère définitivement au crédo catholique. On remarque que sur ces multiples changements, seuls deux s’effectuent à l’âge adulte, de son plein gré. Si Henri a souvent changé de religion, c’est que les autres le lui ont imposé. Il dira d’ailleurs qu’on lui « a souvent proposé de changer de religion ; mais comment ? La dague à la gorge ! ».

Si l’on doit tracer à grands traits les contours de sa foi, on peut dire qu’Henri est d’abord un croyant sincère. De multiples exemples montrent qu’Henri était convaincu que Dieu guidait chacun de ses pas et chacune de ses décisions. La chose est particulièrement remarquable pour tout ce qui concerne sa fortune sur les champs de bataille. Dans une lettre à Corisande datée de 1590 il écrit par exemple : « Certes, je fais bien du chemin et vais comme Dieu me conduit ; car je ne sais jamais ce que je dois faire au bout ; cependant mes faits sont des miracles ; aussi sont-ils conduits par le Grand Maître ».

S’il est pieux, Henri IV n’est pas un fanatique. On dirait même aujourd’hui qu’il affichait des opinions libérales et fort peu orthodoxes pour l’époque concernant la liberté de conscience. Il affirme à plusieurs reprises par exemple « qu’il ne fallait pas forcer les consciences et qu’on devait laisser les gens libres de croire ce qu’ils voulaient ». L’édit de Nantes porte d’ailleurs ce principe (article 6), même si l’objectif d’une réunion des sujets dans une seule et même Église est réaffirmé dans son préambule.

Même s’il ne croit guère au purgatoire, ce qu’il appelle des « badineries », ni au culte des saints et des reliques, Henri IV fait preuve d’une grande piété au cours des seize années qui suivent son abjuration de Saint-Denis. Les dernières années de son règne correspondent à la présence à ses côtés du père Coton. « Prédicateur ordinaire du roi » dès 1603, ce dernier devient vite son confesseur et est chargé de l’éducation du dauphin, dont il deviendra plus tard le confesseur. Ce jésuite a alors une grande influence et obtient même du souverain l’annulation de l’expulsion de la Compagnie de Jésus de France, décrétée par le parlement de Paris en 1594 suite à la tentative d’assassinat perpétrée par Jean Chastel (édit de Rouen, 1603).

D’un certain point de vue, Henri IV est même à l’origine du renouveau du catholicisme français qui marque la première moitié du XVIIe siècle. Si le mouvement de la Réforme Catholique est amorcé bien avant avec le concile de Trente, c’est l’édit de 1606 qui lance en France la réforme du clergé, tant en matière de discipline que de mœurs. Henri IV montre également sa volonté de favoriser le renouveau des anciens ordres religieux (Capucins, Récollets et Minimes). C’est aussi à la fin de son règne que s’installent dans la capitale les nouveaux ordres mystiques : les Carmélites en 1604, grâce à Pierre de Bérulle et à Mme Acarie, les Ursulines grâce à Mme de Sainte-Beuve en 1608.

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Titre du média : Henri IV ratifiant son abjuration le 19 septembre 1596

Henri IV ratifiant son abjuration le 19 septembre 1596
© RMN / René-Gabriel Ojéda
Légende :
Henri IV ratifiant son abjuration le 19 septembre 1596, dessin par Jacopo Chimenti (1554-1640), Jacopo da Empoli (dit), XVIIe s. Musée national du château de Pau, P82-14-1

Titre du média : Henri IV s'appuyant sur la religion pour donner la paix à la France

Allégorie, Henri IV s'appuyant sur la religion
© RMN / René-Gabriel Ojéda
Légende :
Henri IV s'appuyant sur la religion pour donner la paix à la France, huile sur bois, école française, 4e quart XVIe s. Musée national du château de Pau, P.80-10-1
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