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Henri IV - le règne interrompu

Le psaume protestant

Afin de permettre un partage plus large des Écritures et de la parole divine, la Réforme avait encouragé, dans le cadre du culte, la pratique d’un chant religieux en langue vernaculaire. Face au vaste corpus de chorals des luthériens, les calvinistes fondèrent exclusivement leur répertoire sur les cent-cinquante Psaumes de David (ainsi que quelques rares cantiques tirés des Écritures), dans des traductions et adaptations en vers français réalisées par les poètes huguenots Clément Marot (1496-1544) et Théodore de Bèze (1519-1605). Après des publications partielles, le psautier complet fut achevé en 1562 et publié à Genève la même année. Chaque psaume était revêtu d’une mélodie sobre, d’ambitus restreint, facile à mémoriser et que les fidèles pouvaient aisément chanter, à l’unisson, durant le culte, pour répondre à l’officiant. Le corpus des 150 psaumes était chanté en l’espace de six mois – on le chantait donc intégralement deux fois par an –, partagé entre le jour du culte, le dimanche matin et après-midi, et le mercredi, jour de prières.

Les psaumes étaient également chantés dans le cercle domestique et privé. Pour répondre à l’engouement croissant des élites, les mélodies composées par Loys Bourgeois, Pierre Davantes et Guillaume Franc pour le Psautier de Genève furent très vite mises à profit par les compositeurs huguenots contemporains, qui liaient ainsi leur art à leur foi et à leur confession. En France, des musiciens comme Claude Goudimel, Pascal de L’Estocart ou Claude Le Jeune les mirent en musique selon les différents procédés du temps, soit par harmonisation simple et verticale (ou « note contre note »), généralement à 4 ou 5 voix, de la ligne originale, ou dans des élaborations plus complexes et plus libres, de style madrigalesque ou en forme de motet, où la mélodie protestante était le prétexte à un contrepoint plus ou moins sophistiqué à 3, 4, 5, 6 parties, voire davantage.

Si les psaumes en vers français de Clément Marot et Théodore de Bèze furent les versions « officielles » du culte réformé, les textes de l’ancien Testament inspirèrent les grands poètes du temps, protestants bien sûr, comme Agrippa d’Aubigné, mais aussi catholiques (Philippe Desportes, François de Malherbe) au moment de la contre-réforme, qui s’emparèrent de ces textes emblématiques et particulièrement expressifs, pour les traduire ou les paraphraser en vers français. Devenu un véritable genre poétique, le psaume en français intéressa également les travaux de l’Académie de Poésie et de Musique : son fondateur, Jean-Antoine de Baïf, en donna des versions mesurées « à l’antique » qui, plus ou moins revues par Agrippa d’Aubigné et Odet de La Noue, furent mises en musique par des musiciens tels que Claude Le Jeune ou Jacques Mauduit.

Suscitant une émulation artistique extraordinaire et conciliatrice, les mélodies du psautier servirent également de support contrapuntique à des fantaisies instrumentales, notamment celles d’Eustache Du Caurroy et de Claude Le Jeune.

Médias associés à cette fiche

Titre du média : Les cinq sens ou l’été

Peinture "Les cinq sens ou l’été", avec partition
© Photo Musées de la Ville de Strasbourg / A. Plisson
Légende :
Partie de basse-contre de la fin du psaume 76 « Offrez vos dons à lui » de Cl. Le Jeune (Dodécacorde contenant douze psaumes de David…, La Rochelle, H. Haultin, 1598), représentée dans : Sébastien Stoskopff (1597-1657), Les Cinq sens ou l’Été, 1633 (détail). Musée de l'Œuvre Notre-Dame de Strasbourg

Titre du média : Les cinq sens ou l’été

Peinture "Les cinq sens ou l’été", avec partition
© Photo Musées de la Ville de Strasbourg / A. Plisson
Légende :
Les cinq sens ou l’été, peinture par Sébastien Stoskopff. Musée de l'Œuvre Notre-Dame de Strasbourg

Titre du média : Les Pseaumes mis en rime françoise par C. Marot et T. de Bèze…

Partition de musique
© BnF
Légende :
Les Pseaumes mis en rime françoise par Clément Marot et Théodore de Bèze… ([Genève], J. de Bonnefoy, 1563) : Psaume 69. Bibliothèque nationale de France
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