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Henri IV - le règne interrompu

Henri IV et la Révolution

Le culte d’Henri IV connaît paradoxalement une sorte d’apogée au début de la Révolution française. Si Louis XVI tente timidement – et sans grand succès – de mettre ses pas dans ceux de son glorieux ancêtre, Henri IV est désormais l’archétype du souverain proche de son peuple et soucieux de son bien-être. Il devient donc, pour les opposants aux dérives absolutistes, un exemple à louer. Déjà, en 1788, les Parisiens brûlent, au pied de sa statue du Pont-Neuf, les mannequins des mauvais ministres de Louis XVI. Ils obligent même les passants à s’arrêter pour saluer « le meilleur des rois ». Le poète Chamfort peut écrire qu’« Henri IV fut un grand roi, tandis que Louis XIV n’est que le roi d’un grand règne ». Tout est bon pour louer l’ancêtre de Louis XVI et souligner ainsi combien son descendant souffre de la comparaison. Même le maire de Paris, Bailly, accueille le roi le 6 octobre 1789 en lui lançant : « Henri IV avait reconquis son peuple, ici le peuple a reconquis son roi ». Obsédant Henri. Omniprésent en ces moments d’exaltation nationale, y compris une fois proclamée la patrie en danger, en juillet 1792, lorsque les premiers enrôlements de volontaires eurent lieu au pied de sa statue du Pont-Neuf.

Pourtant, au cœur des tourments qui suivent la chute de la royauté, la figure du roi de légende est mise à bas. Éclipse temporaire mais violente. Ses statues, dont celle du Pont-Neuf, sont détruites. Son cœur, conservé au collège de La Flèche, est retiré de son reliquaire d’argent pour être jeté au feu. Une copie de la carapace de tortue censée être le berceau d’Henri est brûlée à Pau. Le corps d’Henri subit les mêmes outrages que ceux de ses prédécesseurs. Sa dépouille embaumée est exhumée et profanée le 14 octobre 1793, avant d’être jetée dans la chaux vive. Mais là encore Henri IV se singularise au panthéon des rois. Contrairement à tous les autres qui sont en cendres ou en putréfaction, son corps apparaît aux témoins présents comme miraculeusement conservé. Il est ainsi exposé un temps au bas des marches du sanctuaire permettant à tous de le voir. Les anecdotes fleurissent alors de ce qu’il advint. Dom Poirier, qui a dressé le procès-verbal de ces exhumations, raconte qu’un soldat, saisit de respect face à la dépouille, lui coupa une mèche de sa moustache pour l’arborer et s’écrier : « Maintenant je suis sûr de vaincre les ennemis de la France et je marche à la victoire ! ». Alexandre Dumas raconte au contraire qu’un ouvrier – d’autres versions disent une femme du peuple – souffleta le visage du roi avant de manquer d’être battu par la foule. Même au cœur de la tempête, le mythe henricien perdure.

Outre la moustache, retrouvée dans la collection de Vivant Denon, d’autres « reliques » d’Henri réapparaissent au cours du XIXe siècle. Une dent et une manche de chemise sont restituées à Louis XVIII en 1814. Mais c’est la tête du roi qui attire le plus l’attention. Selon la tradition, au moment de la remise des dépouilles des rois de France dans leurs tombes sous la Restauration, il était apparu que la tête d’Henri IV manquait. Par la suite, le chef sacré resurgit lors d’une vente aux enchères chez Drouot en octobre 1919. Son acquéreur, un certain Bourdais, passera sa vie à essayer, en vain, d’authentifier sa précieuse acquisition…

Médias associés à cette fiche

Titre du média : Assassinat d’Henri IV

Assassinat d’Henri IV
© Musée national du château de Pau / Jean-Yves Chermeux
Légende :
Assassinat d’Henri IV, le 14 mai 1610, par William Hamilton, vers 1795. Musée national du château de Pau, P.80.11.1

Titre du média : Le berceau d'Henri IV en carapace de tortue

Berceau d'Henri IV en carapace de tortue
© RMN / René-Gabriel Ojéda
Légende :
Le berceau d'Henri IV en carapace de tortue, dessin par Charles-Justin Le Cœur, XIXe s. Musée national du château de Pau, DP52-1-5

Titre du média : Exhumation du corps d’Henri IV

Exhumation du corps d’Henri IV, basilique Saint-Denis
© RMN / Droits réservés
Légende :
Corps d'Henri IV dans son cercueil après la profanation des sépultures royales dans la basilique Saint-Denis en 1793 pendant la Révolution française, gravure. Musée des châteaux de Versailles et de Trianon
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